Bijou : vie, mort et résurrection d'un groupe passion - 2014

On ne réécrira pas l'histoire, Surtout pas. Parce qu'elle est trop belle comme elle est. Et ce livre la raconte (Laurent Chalumeau)

Bijou : vie mort et résurrection d'un groupe passion - Jean-François Jacq

Photo de couverture : Jean-William Thoury 


 Que dire de Bijou ? Tout est dans ce livre, sa raison d'être étant de remettre les pendules à l'heure et de rappeler oh combien il fût capitale, puisqu'à l'origine de la résurgence du rock en français. Fin 1976. Alors que les maisons de disques avaient baissé le rideau et refusaient catégoriquement de signer tout groupe de rock s'exprimant en français, Bijou parvient à signer Chez Philips. Soit bien avant Téléphone. De Bijou, nous dirons qu'ils ont fait preuve d'intégrité, que leur manager en titre, Jean-William Thoury, également parolier, responsable du look du groupe, chauffeur et bien d'autres attributs, n'a jamais rien cédé. Bijou chantera en français, Bijou enregistrera en France et sur une maison de disques française. Ce fût un véritable bras de fer, et la victoire au bout, via le premier album, Danse avec moi, en avril 1977. " Il est une chose qu'il faut que tu saches/ La musique c'est la vie ". Ce refrain de Danse avec moi, catalyse l'ampleur de la passion de nos trois Bijou, ainsi que Jean-William, quatrième Bijou et fidèle homme de l'ombre. Ils ont tout donné pour cette musique rock ayant bercé leur adolescence. Le punk est passé par là, Bijou participe au premier festival punk de Mont de Marsan, le premier au monde, en août 1976, et leur aura, de 1977 à 1981, fût, il est essentiel de le rappeler, immense. Bijou remet au goût du jour Dutronc (via La fille du père noël, en 1977), alors qu'il ne passe même plus sur les ondes. Bijou remet également au goût du jour Ronnie Bird, oublié de tous. Et enfin, Bijou redonne vie à Gainsbourg, en reprenant, en 1978, Les papillons noirs, en duo avec Serge, perle oubliée des années soixante. Oublié à un point tel que Gainsbourg ne l'avait même pas déclaré à la SACEM, à cette époque. Suivront quelques collaborations avec l'intéressé, dont le grandiose Betty Jane Rose, à la fin de l'année 1978. Mais Bijou fera bien plus pour Gainsbourg. Tout en restant Bijou. Là où tant d'autres auraient cédé aux sirènes, Jean-William refuse que le groupe enregistre un album entier avec lui, afin de ne pas devenir l'ombre du grand Serge. En cette année 1978, Gainsbourg cartonne avec son Sea, sex and sun, mais ce titre est tellement loin de ses véritables préoccupations musicales. L'homme à tête de chou, sorti en 1976, a été un bide. 15.000 exemplaires vendus. Alors qu'il est devenu culte. Gainsbourg a cinquante ans et ne sait absolument plus où il en est, certain d'être devenu un looser, une marionette à tubes 45 tours, n'ayant aucun impact sur le public jeune. Bijou va lui prouver le contraire, en réussissant à le convaincre de remonter sur scène, lui qui en avait une peur bleue, via diverses apparitions lors de leurs concerts; et ce sera le choc pour Serge. Le public jeune est bel et bien présent; et l'ovationne. Je pourrais continuer ainsi à dérouler l'histoire de Bijou durant des pages et des pages. Je vous laisse la découvrir via la biographie.  

Si je me suis attelé à l'écriture de leur biographie, c'est parce qu'il n'y en avait pas. Christian Eudeline avait consacré une partie de son livre Nos années punk à Bijou, en 2002, et j'espérais qu'une bio allait suivre. Mais rien à l'horizon. Il fallait réparer cette injustice, écrire l'histoire tout en sachant que c'est ainsi qu'ils ont conçu leur carrière : en écrivant eux-mêmes leur propre histoire. D'où l'incroyable contenu qui en découle. J'imaginais que Jean-William Thoury le ferait un jour. Mais j'ai compris que sa pudeur, sa discrétion, sa trop grande proximité vis-à-vis de Bijou, ne lui permettait pas d'en dérouler le fil. Il est un homme des plus discrets, mais je n'oublie pas sa réponse, lorsque je l'ai interviewé à l'occasion de la sortie du livre, pour Rock Hardi, et que lui demandant : " Quel est le plus bel hommage que tu aies reçu, après coup, de la part d'un inconnu ou d'une personnalité, relatif à Bijou ?", il me répondit : " Qu'un jeune homme inconnu me demande s'il pouvait écrire un livre sur le groupe ". C'est là le plus beau compliment que j'ai reçu quant à l'écriture de cette bio, sachant que Bijou a été l'un des joyaux de mon adolescence. Interroger leur histoire a également été l'occasion de se pencher sur la place réservée au rock interprété en français. Et je ne boude pas le plaisir que j'ai eu en recevant la longue et mangifique préface de Laurent Chalumeau, éminemment fan de Bijou. Pierre Terrasson m'a également sorti de ces boîtes à archives des clichés inédits de Bijou. Christian Eudeline a accepté de rédiger le quatrième de couverture. Autant dire que je fus aux anges, lors de la sortie de ce livre. Ce Bijou-là, si vous saviez, à quel point j'en suis fier... 


 

Bijou verso

Quatrième de couverture, signé Christian Eudeline


 

 

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