Hémorragie à l'errance (Genèse)

Qaono3trxbmcbmehxgqsaaw5zpc 2

Je n'ai de cesse de penser à cet adolescent imbibé de rage que j'ai été. A mon insatiable désir d'errance, dès l'âge de douze ans, seul point d'appui en lieu et place de mon enfance dévastée. A l'écriture que je convoitais à la faible lumière d'une lampe torche, puisque vivre dans le noir était mon quotidien. A mes quatorze ans et à mon internement psychiatrique, d'office et par erreur, dûment signé par mes parents en guise de geste abandon. A cette mort faisant bien plus que roder. A ma sortie de toute urgence de cet enfer où j'agonisais à même le sol depuis plusieurs jours, étant mineur, sur intervention du préfet. A la longue hospitalisation de plusieurs mois à Garches, mes quinze ans n'étant plus que paralysie complète, trachéotomie et sonde pour me nourrir, pour uriner, suite à cette maladie rare que je couvais, un Guillain Barré. A cette mort de plus en plus présente, à mes côtés. A l'absence immuable de mes parents, tandis que je crevais. A ce qui a fatalement suivi, étant la seule issue envisageable, soit des années passées à la rue, jusqu'à mes vingt-quatre ans, jusqu'à ce que quelqu'un me tende la main et qu'après de longs mois de tentative, j'accepte enfin de la prendre. S'en suivit un placement d'un an dans un foyer de la DASS, une petite structure pour jeunes adultes en grandes difficultés. A vingt-cinq ans, je pouvais commencer à respirer, et dans les pires moments de doute, retourner là d'où je venais, dormir dehors même en ayant un semblant de toit, etc. 
C'est tout cela, bien plus encore, que conte mon deuxième récit autobiographique, Hémorragie à l'errance (publié en septembre 2012). Au plus près de la véhémence de mon effroyable parcours. Ce que j'ai été.

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau